Repères biographiques
Jeanne-Marie Philipon, dite Manon Roland ou Madame Roland, naît à Paris dans une famille d’artisans. Lectrice des philosophes des Lumières, elle épouse Jean-Marie Roland de La Platière, qui devient ministre de l’Intérieur en 1792. Elle anime un salon fréquenté par des responsables révolutionnaires proches des Girondins. Sans exercer de fonction officielle, elle conseille son mari et participe à la rédaction de textes politiques. Arrêtée après la chute des Girondins en 1793, elle rédige ses Mémoires en prison. Elle est guillotinée le 8 novembre 1793.
Une lettre politique adressée au roi — 10 juin 1792
Au printemps 1792, les relations entre Louis XVI et les ministres proches des Girondins se dégradent. Le roi refuse plusieurs mesures votées par l’Assemblée. Le 10 juin, son ministre de l’Intérieur, Jean-Marie Roland, lui adresse une lettre l’invitant à changer d’attitude et à accepter les décisions des représentants. Manon Roland en est la rédactrice. Le texte critique la conduite royale et avertit le souverain des conséquences de son opposition. Trois jours plus tard, Roland est renvoyé du ministère. Cet épisode montre comment Manon intervient dans la vie politique par l’écriture, alors que les femmes sont exclues des assemblées représentatives. La lettre circule sous le nom de son mari : son influence existe, mais elle ne repose ni sur un mandat électif ni sur une fonction ministérielle personnelle.
Textes de synthèse rédigés pour la séance à partir des sources indiquées.